Un enfant optimiste en 5 leçons

February 4, 2016

 

Un enfant optimiste en 5 leçons

 

L’amour et l’autorité ne suffisent plus à l’épanouissement de l’enfant. Alain Braconnier, psychiatre et psychanalyste, nous assure dans son dernier ouvrage que l’éducation à l’optimisme est une nécessité. Dans un contexte morose, il nous livre cinq postures éducatives pour renforcer l’envie de grandir. Inspirant.

 

Dans sa pratique, Alain Braconnier rencontre de plus en plus d’enfants et d’adolescents en proie à un sentiment d’impuissance devant l’existence. Il reçoit aussi davantage de parents préoccupés de l’avenir de leur progéniture.

 

Son dernier livre entend placer l’optimisme au fondement de l’éducation : « Dans les années Dolto, on a souligné l’importance de l’amour pour l’épanouissement de l’enfant, retrace-t-il. Puis l’accent a été mis sur la nécessité du cadre et de l’autorité, lorsqu’on s’est aperçu qu’on était parfois allé trop loin dans l’amour à tout prix. Aujourd’hui, il me semble que l’amour et l’autorité ne suffisent plus. Dans la morosité ambiante, nous devons aussi entretenir leur goût de vivre, leur envie de grandir, leur espoir. »

 

Et de préciser : « Il ne s’agit pas de cultiver un optimisme béat. Mais de stimuler leurs ressources intérieures, de sorte qu’ils puissent reconnaître leur potentiel et affronter avec lucidité, énergie et volonté les difficultés. Pour moi, l’optimisme est le point de départ d’une éducation qui nourrit une bonne estime de soi. »

 

S’appuyant sur les récentes recherches en psychologie positive, le psychiatre assure que même un parent pessimiste peut parvenir à éduquer à l’optimisme, à condition qu’il mesure à quel point son pessimisme l’empêche d’entreprendre et qu’il soit désireux de préserver son enfant de ses propres empêchements. Il a également constaté que l’on pouvait aider les enfants anxieux et fragiles à retrouver leur optimisme initial. Il « suffit » de déployer les cinq postures éducatives suivantes. Simples en apparence, « elles nécessitent de la persévérance, affirme-t-il. Et peuvent changer la vie des plus jeunes en les aidant à retrouver le sourire et à ne plus craindre le lendemain ».

 

Nourrir sa curiosité

 

Petit, l’enfant a soif de découvertes. Tout ce qu’il touche, goûte, renifle lui donne envie de s’aventurer au-devant de son environnement. Le laisser expérimenter, éprouver la satisfaction de pouvoir accéder à ce qu’il souhaite connaître est essentiel. « Mais il faut l’entourer, indique Alain Braconnier. Sans quoi, livré à lui-même face à des énigmes qu’il ne parvient pas à résoudre, il finit par se désintéresser et par douter de son intelligence. »

 

Partager nos émerveillements, expliquer, répondre à ses questions, l’initier à de nouvelles lectures, aux musées, au voyage ancre en lui la conviction que l’existence lui réserve de nombreux plaisirs. De quoi se projeter avec envie vers l’avenir.

 

Dédramatiser ses erreurs

 

L’enfant, dans ses découvertes, fait aussi l’expérience de ses propres limites. Ses échecs doivent pouvoir être surmontés si nous ne voulons pas qu’il finisse par se sentir incapable, et en vienne à jeter l’éponge à la moindre difficulté. « Il importe donc que nous prenions conscience des peurs (souvent excessives) que nous lui communiquons sans le vouloir », avertit le psychiatre. Et que nous examinions notre propre relation à l’erreur, qui nous empêche, peut-être, de la lui présenter comme une opportunité d’apprendre.

 

Lui faire confiance, être à ses côtés sans faire à sa place, le laisser tâtonner pour trouver, valoriser ses succès, le pousser à recommencer, tout cela accroît sa ténacité et son espoir de réussir ce qu’il entreprend.

 

L'aider à préciser sa pensée

 

Martin Seligman, figure de proue de la psychologie positive, s’est intéressé à ce qui pouvait permettre à l’enfant de maîtriser une situation plutôt que de la subir. Autrement dit, de l’envisager de manière optimiste ou pessimiste. « Il a découvert que deux traits caractérisaient la pensée pessimiste, précise Alain Braconnier : la tendance à personnaliser (“C’est parce que je suis nul qu’il m’arrive un truc nul”) et la tendance à généraliser (“Ça se passe toujours comme ça”). »

 

Lorsqu’il est confronté à une difficulté, il importe donc d’aider l’enfant à donner une explication plus exacte des faits : que s’est-il passé ? Quelle aide, quelle compétence lui ont manqué ? Les solutions lui apparaîtront alors de manière plus précise, et davantage à sa portée que lorsqu’elles lui semblaient liées à son mauvais destin.

 

Lui inculquer le sens de l'effort

 

L’enfant aura besoin de combativité pour se faire une place, mener les projets susceptibles de le rendre heureux. Pour cela, il doit ressentir très tôt que l’énergie qu’il déploie est payante, qu’elle aboutit réellement à accroître ses compétences ou à améliorer son sort. Dès lors, on s’abstiendra de le critiquer pour ce qu’il n’est pas encore capable de faire ou de le comparer aux autres qui, eux, y arrivent. « Devant une tâche qui lui paraît encore inaccessible, lui rappeler les réussites qu’il doit à ses propres efforts (avoir appris à marcher, à lire, à faire du vélo…) l’aidera à faire preuve de pugnacité », assure le psychiatre.

 

De manière générale, aux loisirs passifs on préférera les activités qui lui permettent de se confronter à lui-même (musique, escalade) et de ressentir la fierté d’avoir dépassé ses limites.

 

Favoriser ses relations

 

Un enfant pessimiste a tendance à s’isoler. Ou à s’entourer d’enfants encore plus mal dans leur peau. « Or le regard qu’il porte sur lui-même et sur le monde dépend beaucoup du regard des autres, qui enrichissent le sien ou l’appauvrissent », souligne Alain Braconnier. Être capable d’entrer en relation, de tisser des liens avec des personnalités différentes, certaines qui réconfortent, d’autres qui stimulent, donne à l’enfant un profond sentiment de sécurité : il n’est pas seul, il peut compter sur les autres.

Nous pouvons l’aider dans cette exploration en nous intéressant à ses copains, en l’aidant à développer son empathie comme à se préserver des relations qui ne lui font pas du bien, et en valorisant l’amitié.

 

Mars 2015, Alain Braconnier

 

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